Samedi 30 aôut 2008 04 h 36 Heure de Paris | Consulter > Annuaire de Paris > Visite de Paris > La Seine > Les Quais envoyer cette page à un(e) ami(e) Claude, bouquiniste à Paris Bien que leurs coffres de bois vert sombre, soient de taille relativement modeste, les étals des bouquinistes font partie des curiosités de Paris les plus appréciées. A l'origine, des vendeurs de livres s’établirent sur les quais, près du pont de la Tournelle, pour vendre les livres publiés par les éditeurs du quartier. Par la suite, les bouquinistes se virent accorder une licence pour commercialiser des livres dans leurs échoppes près du Pont Saint Michel. Aujourd’hui, leur domaine s’est bien agrandi, et s’étend approximativement du Pont de la Tournelle à la Passerelle Solférino. Les étals des bouquinistes sont assez petits. On y trouve en abondance des livres et objets de toute sorte. Certains bouquinistes se spécialisent dans les livres anciens, par exemple, d'autres dans les bandes dessinées, d'autres encore dans les magazines anciens. Si vous aimez les livres et l'art de façon générale, courez sur les quais pour découvrir cette spécificité parisienne. Nous nous sommes récemment entretenus avec l'un de ces bouquinistes.
| Chicline : Bonjour monsieur, pouvez-vous nous présentez votre activité ?
Claude : Oui volontiers. Je m’appelle Claude, je suis boukiniste au quai des Grands Augustins. J’exerce ce métier depuis environ quatre ans. Je me suis décidé à exercer cette activité par pure passion des livres. Ce n’est pas mon premier métier bien sûr, mais il se trouve que la vie a fait que je n’ai plus besoin de la gagner. C’est donc vraiment par plaisir que je suis ici. | | Chicline : Au fil de l’année, vous devez rencontrer beaucoup de monde, Parisiens et touristes du monde entier. Que leur proposez-vous ?
Claude : En effet, il y a beaucoup de touristes qui passent ici, mais je n’ai rien pour eux pour tout dire. Je ne vend que de la littérature, ancienne et contemporaine. Je vend aussi quelques reliures. Ces livres de littérature ne sont vraiment pas chers. Leur prix tournent autour de 25 à 30 euros. Au-delà, il n’y a pas de client. J’essaie de vendre de la littérature de qualité à un prix très abordable. Et j’essaie de vendre en priorité des livres que je connais et que j’aime.
| | Chicline : Proposez-vous aussi des livres de collection ?
Claude : Oui mais très peu, et je les vends rarement ici car je n’ai pas la clientèle pour cela. Je les vends plutôt aux libraires.
Chicline : Pour devenir bouquiniste, il faut aimer les livres, mais est-ce suffisant ?
Claude : Non bien sûr, il faut aussi aimer les gens, les rencontres. Il se trouve que j’adore les livres et les discussions autour de la littérature. Avec ce métier, les occasions sont quotidiennes de faire des rencontres avec toute sorte de personnes, jeunes et âgées. Certains en connaissent plus que moi sur certains sujets. Et puis c’est un grand plaisir pour moi de communiquer autour de certains livres et auteurs quand certains visiteurs s’arrêtent et me demandent conseil. Bien souvent les gens n’ont pas d’idée préconçue, ils se laissent volontiers guider par mes choix. En général ils sont contents.
| | Chicline : Claude, si un touriste sachant lire le français venait vous voir, et vous demande conseil pour un livre, quelle serait votre première recommandation ?
Claude : Ce que je conseille aux gens qui veulent découvrir le français c’est bien sûr les classiques, même si le vocabulaire peut paraître un peu riche de prime abord. D’abord, les classiques du 18e et 19e, avec par exemple Emile Zola, Victor Hugo, Alexandre Dumas. Et je conseillerais aussi la lecture de Romain Garry, un auteur que j’aime beaucoup, un auteur qui, pour la petite histoire, est le seul à avoir reçu deux fois le prix Goncourt, car il avait signé une fois sous le pseudonyme Emile Ajar. Moi, mon centre d’intérêt c’est un mouvement littéraire que l’on appelle l’Oulipo, « Ouvroir Littérature Potentiel », fondé par Raymond Queneau et François le Lionnais. C’est, en résumé, la littérature sous contrainte. Et celui que je préfère en dehors de Queneau, c’est Georges Perec. Dès que j’ai des livres de lui, je les conseille vivement à mes visiteurs. J’aime beaucoup Boris Vian également, et beaucoup d’auteurs étrangers, comme Beckett, que j’affectionne particulièrement.
Clhicline : Claude, je vous remercie, et nous invitons tous nos lecteurs amateurs de littérature française de vous rendre prochainement visite.
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