Paris, Les Chevaliers du Temple et le Prieuré de Sion – Réalité et fiction. Guide - Bienvenue à Paris !

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Les Chevaliers du Temple et le Prieuré de Sion – Réalité et fiction

Dès les premières pages du roman Da Vinci Code, le lecteur découvre que Jacques Saunière, le conservateur en chef du musée du Louvre, est poursuivi par un tueur, à cause de son appartenance à une société secrète, le Prieuré de Sion. Cette mystérieuse organisation est détentrice d’une information secrète d’une immense valeur, dont la révélation au monde entier pourrait modifier l’avenir de la chrétienté tout entière, et réécrire toute son histoire.



Mais qu’est donc le Prieuré de Sion ? Cette société secrète existe-t-elle réellement, ou bien est-elle simplement le fruit de l’imagination de Dan Brown, l’auteur du Da Vinci Code ? Et si le Prieuré de Sion existait bel et bien, quel lien y aurait-il entre cette société secrète et Paris ?


Les Chevaliers du Temple, ou Templiers

Le Prieuré de Sion serait étroitement lié aux Chevaliers du Temple ou Templiers, dont il est aussi question dans le Da Vinci Code. Leur histoire est passionnante, et aide à bien comprendre celle du Prieuré de Sion.

L’Ordre des Templiers, fondé par neuf chevaliers Français en 1118, s’appelait à l’origine « L’Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ », du temps des premières Croisades en Terre Sainte. Dans leur pèlerinage vers Jérusalem, de nombreux pèlerins étaient attaqués par des voleurs et bandits sans scrupule. Les Templiers se portèrent volontaires pour leur venir en aide et les protéger tout au long de leur chemin. Ces Chevaliers étaient facilement reconnaissables à leur uniforme, composé d’une longue tunique blanche ornée d’une croix rouge, uniforme qui devint rapidement l’un des symboles de leur Ordre.


L’une des missions essentielles des Templiers fut par la suite de retrouver, de ramener en France, et de protéger le trésor du temple du roi Salomon à Jérusalem. Selon Dan Brown et d’autres spécialistes, ce trésor ne contenait ni or, ni argent, ni aucun objet de grande valeur matérielle. Ils découvrirent par contre des documents anciens d’une valeur historique inestimable à propos de la vie de Jésus et de Marie Madeleine. L’Église chrétienne y était directement mise en cause. Ces documents, présentés sous la forme de rouleaux de papyrus très anciens, faisaient état de révélations inouïes sur la véritable identité de Marie Madeleine, et sur le rôle déterminant qu’elle eu aux côtés de Jésus. Nous vous en dirons plus à ce sujet dans la suite de cette Lettre de Paris. Les conclusions nées de ces découvertes sont sujettes à débat. Quant aux rouleaux de papyrus, qui, par la suite, furent appelés les manuscrits ou rouleaux de la Mer Morte, leur existence et contenu laissent encore beaucoup de monde sceptique. Pour certains, les Templiers auraient peut-être même trouvé le Saint Graal, mais là encore, nul ne sait avec exactitude ce qu’est le Graal, et son existence même donne lieu à toutes les spéculations, comme le livre de Dan Brown l’indique.


Quoi qu’il en soit, au fil des siècles, Les Templiers devinrent de plus en plus puissants. Bien qu’ils aient fait vœu de pauvreté, ils inspiraient une très grande confiance aux pèlerins, au point que ceux-ci leur demandèrent souvent de conserver leur argent durant leurs pèlerinage. C’est ainsi que les Templiers furent les premiers banquiers de l’Histoire. Bien après l’époque des Croisades, les gens continuaient de leur confier leurs richesses et même de leur emprunter de l’argent, à commencer par les rois et les nobles de nombreux pays, moyennant le paiement de commissions. Les forteresses dans lesquelles ils conservaient cet argent étaient réparties dans toute l’Europe et en Terre Sainte, avec des centres majeurs comme Chypre, Londres et bien sûr Paris.


Dans le quartier nord du Marais, le Square du Temple, se trouvent deux rues, la rue du Temple et la rue Veille du Temple. Beaucoup de personnes sont persuadées que ces noms de rues se réfèrent à un ancien temple de la communauté juive très présente dans ce quartier, mais il n’en est rien : ces deux rues conduisaient à l’origine à la plus grande forteresse des Templiers, un complexe religieux et financier qui jouxtait les limites nord-est du Paris médiéval.

Les Templiers n’étaient pas seulement puissants en terme financier. Ils avaient aussi l’insigne privilège de ne dépendre d’aucune autre autorité que celle du Pape en personne. Ils entretenaient de ce fait des relations difficiles avec les pouvoirs royaux… surtout lorsqu’ils prêtaient aux rois d’importantes sommes d’argent.


Il existe plusieurs raisons et théories qui expliquent pourquoi le roi Philippe Le Bel prit la terrible décision de traduire en justice les Templiers, accusés de soi-disante hérésie. Les spécialistes s’accordent sur le fait qu’au-delà de la lutte d’influence entre le pouvoir royal et celui des Templiers, s’ajoutait celle du pouvoir financier et de la situation de dépendance du roi vis-à-vis de ces créanciers omnipuissants. Car Philippe Le Bel, comme bon nombre d’autres rois, avait dû emprunter de grosses sommes d’argent aux Templiers pour faire face aux dépenses du royaume. Le refus du Grand Maître des Templiers, Jacques de Molay, de fusionner avec l’Ordre concurrent des Hospitaliers pour unir leurs forces en préparation des prochaines Croisades, fut le prétexte de Philippe le Bel pour anéantir leur Ordre, en accord avec le Pape Clément V. Il lança dans tout le royaume une vaste chasse aux Templiers : ces arrestations massives, préparées dans le plus grand secret, eurent lieu un vendredi 13 octobre 1307. Depuis cette date, le vendredi 13 a conservé en France er dans d’autres pays occidentaux l’image d’un jour funeste, porteur probable de grand malheur. Lors de votre séjour en France, et si vous n’êtes pas déjà Français bien sûr (!), testez donc les réactions des Français à propos du « vendredi 13 » : qu’ils croient ou non au pouvoir maléfique du « vendredi 13 », vous remarquerez que tous connaissent cette superstition et la respectent, sans forcément, d’ailleurs, en connaître l’origine.


Le roi Philippe le Bel fit juger Jacques de Molay et le fit avouer, sous la torture, les crimes dont les Templiers étaient accusés à tort : l’Ordre aurait commis des hérésies et des crimes tels que le blasphème de cracher sur la Croix, la sodomie, et le satanisme. Par la suite, Jacques De Molay se rétracta, affirmant que le seul crime qu’il eut commis fut d’avoir avoué sous la torture tout ce que l’on exigeait de lui. Cette dénégation condamna définitivement Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay, un autre haut dignitaire du l’Ordre du Temple : ils furent brûlés vifs, à petit feu, sur un bûcher situé à deux pas de l’endroit où se trouve aujourd’hui la cathédrale Notre-Dame. Philippe le Bel confisqua la richesse des Templiers, et le Temple fut converti en une prison. C’est ici notamment que, peu après la Révolution, Louis XVI, Marie-Antoinette, et leurs enfants furent emprisonnés après leur tentative de fuir du royaume, et leur arrestation à Varennes. Le Temple fut malheureusement détruit sous Napoléon III, et c’est un joli parc arboré que l’on trouve aujourd’hui à cet endroit.


Après les arrestations massives du 13 octobre, quelques Templiers réussirent tout de même à s’enfuir. Ils survécurent dans d’autres pays, et l’on pense qu’ils existent encore à ce jour. Leur Ordre est enveloppé d’un véritable mystère, souvent associé aux Francs-maçons, à tort ou à raison.


Le Prieuré de Sion

Pour ce qui concerne Le Prieuré de Sion, sa présentation est plus complexe. Certains spécialistes et chercheurs prétendent que cet ordre religieux fut fondé en 1099 par Godefroy de Bouillon, de lignée mérovingienne. Le centre principal de l’Ordre était, semble-t-il, situé dans une ancienne abbaye sur le Mont Zion. Il semblerait aussi qu’à l’origine le Prieuré de Sion et les Templiers constituaient une seule et même organisation, jusqu’à ce que les Templiers s’en éloignent en 1118, peu après la création de leur propre ordre.


Pour certains spécialistes de cette théorie, le Prieuré de Sion serait une société secrète persuadée que Jésus aurait conçu une descendance avec Marie Madeleine. Le sang de ces descendants serait mêlé à celui des rois Mérovingiens (447-751), et les descendants de cette dynastie royale appartiendraient à une famille de Sang sacré que les membres du Prieuré se devraient de protéger. L’Église aurait toujours essayé d’anéantir cette lignée car, selon le Prieuré, ces descendants seraient les chefs légitimes de l’Église, à la place des Papes, successeurs élus du premier d’entre eux, Saint Pierre.

Comme Dan Brown l’explique dans le Da Vinci Code, à tout moment, le Prieuré est dirigé par un Grand Maître, ou « nautonier », et trois sénéchaux. Tous sont au service de la conservation et de la protection des secrets concernant le rôle phare qu’aurait eu Marie Madeleine dans la vie de Jésus, concernant l’existence de cette lignée Mérovingienne, descendance directe de Jésus et de Marie Madeleine, et concernant bien sûr, le Saint Graal. Brown nous indique dans son roman que de grands hommes comme Léonard de Vinci, Isaac Newton, Sandro Botticelli, Victor Hugo, ou encore Jean Cocteau, occupèrent ces fonctions de Grand Maître de l’Ordre du Prieuré de Sion.


Cependant, un certain nombre d’autres spécialistes et historiens restent persuadés que l’histoire du Prieuré de Sion n’est rien d’autre qu’un énorme canular ! Si le “Prieuré de Sion” existe bel et bien, cet Ordre ne fut pas fondé au Moyen-Âge mais bien plus récemment, le 7 mai 1956 précisément, dans la ville d’Annemasse, en France, Haute-Savoie, tout près d’une montagne appelée le Mont Sion. Cette organisation fut fondée par trois hommes, dont l’un se nomme Pierre Plantard, dont le nom est d’ailleurs repris dans le roman de Dan Brown. Quelques années après la création de cette organisation, Plantard se serait inspiré de vieux parchemins trouvés dans l’église du village pyrénéen de Rennes le Château, par un certain abbé Saunière, du même nom que le Grand Maître assassiné dans le Da Vinci Code. Ces documents, authentiques ou fabriqués de toute pièce par Plantard, comme le pensent plutôt ces spécialistes, raconteraient les origines du Prieuré de Sion durant les Croisades, et donneraient même une liste complète de tous les Grands Maîtres de l’Ordre depuis sa création, liste reprise là encore par Dan Brown dans son roman. Y seraient également précisés dans le détail les missions et les buts que s’étaient fixés l’Ordre, parmi lesquels la protection de la lignée Mérovingienne.


Une simple recherche sur le Web suffit à montrer à quel point ce Prieuré de Sion déchaîne les passions, tant parmi les experts du sujet, qu’au sein du grand public. Partisans et détracteurs de cette théorie du secret du Prieuré de Sion, de celle du complot de l’Église et de l’illégitimité supposée de ses dirigeants, passés et actuels, s’affrontent avec autant de fougue d’un côté que de l’autre. Dans les années 1970, un ensemble de documents appelés les “Dossiers Secrets” fit étonnamment surface à la Bibliothèque Nationale à Paris. Ces documents, en apparence d’origine séculaire, apportaient des précisions sur l’histoire du Prieuré de Sion et sur les noms des personnes qui lui était associées. Faux documents datant du XXème siècle ou archives absolument authentiques, ces dossiers ont tout de même attirés l’attention d’universitaires et de spécialistes de grand renom, comme les historiens Britanniques Henry Lincoln, Michael Baigent et Richard Leigh, qui rédigèrent ensemble un livre d’enquête intitulé « The Holy Blood and the Holy Grail » (Sang Royal et Saint Graal). Ce livre joua apparemment un grand rôle dans la rédaction du Da Vinci Code, au point que ses auteurs portèrent plainte contre Dan Brown pour plagiat. En pure perte d’ailleurs, car Dan Brown gagna ce procès (avril 2006).


Qu’il s’agisse d’une vérité absolue ou d’une subtile imposture, l’histoire du Prieuré de Sion ne laisse personne indifférent. Depuis quelques années, l’Ordre du Prieuré retient l’attention du grand public, suscite sa réflexion et émoustille son imagination d’une façon assez extraordinaire, pour le meilleur comme pour le pire d’ailleurs. Aujourd’hui, l’intérêt du grand public s’est encore accrue : le Prieuré de Sion est mentionné dans tous les médias, dans leurs rubriques littérature et cinéma, et le livre Da Vinci Code figure en très bonne position dans les classements des meilleures ventes de livres.


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Rédaction Chicline

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