Mardi 02 déc. 2008 09 h 33 Heure de Paris | Consulter > Annuaire de Paris > Visite de Paris > Informations > Histoire de Paris envoyer cette page à un(e) ami(e) Une brève histoire de la Butte Situés sur les flancs de la plus haute colline de Paris, les rues, les maisons, les églises et les fameux escaliers de Montmartre convergent tous, de façon plus ou moins ordonnée, vers la blanche basilique du Sacré Coeur qui en coiffe le sommet. La Butte Montmartre existe depuis la nuit des temps ; elle a inspiré aux hommes des sentiments d’émerveillement et de rébellion, et des élans artistiques qui l’ont façonnée tel qu’elle est aujourd’hui.
| Dès l’époque néolithique, les hommes s’installèrent sur la Butte. Ils découvrirent rapidement le matériau dont elle était faite : le gypse. Au fil du temps, les hommes en firent une extraction systématique, creusant des galeries souterraines par centaines, au point de transformer la colline en véritable gruyère. Des milliers d’années plus tard, du temps des immeubles et des rues pavées, le poids des routes et des maisons devint trop important, et les affaissements de terrain se multiplièrent. Des maisons entières s’effondrèrent et disparurent dans les trous de ces carrières souterraines. Mais il ne s’agit là que d’une des nombreuses anecdotes de Montmartre. Car l’histoire de cette colline est vraiment singulière, au point d’en être parfois miraculeuse, au sens premier du terme. Si le mot « Montmartre » peut être une référence au Temple de Mars, situé au sommet de la colline du temps des Romains, il peut aussi être une référence directe au martyr de Saint Denis (Mons Martyrum), évêque chrétien qui fut ici torturé et décapité à cause de sa foi. La légende veut qu’après son exécution, le martyr ramassa sa tête et quitta la colline pour ne s’arrêter que quelques kilomètres plus loin, en un lieu de la banlieue parisienne qui aujourd’hui porte son nom : la ville de Saint-Denis. Durant les 1 500 ans qui suivirent cet événement, Montmartre resta un village calme, bercé par le chuintement des ailes de ses nombreux moulins à vent. Quelques événements historiques sortirent tout de même la butte de sa quiétude : la construction d’une abbaye et d’un couvent par Louis VI et sa femme Adelaïde au début du Moyen-Âge, l’établissement de l’ordre des Jésuites par Ignace de Loyola en personne, sans oublier la possible visite de Jeanne d’Arc, la grande héroïne de France. | | Quelques siècles plus tard, la Butte devint le bastion des plus fervents acteurs de la Révolution Française (1789). Puis, dans les années 1860, elle fut incorporée à la ville de Paris. Mais Montmartre ne s’est jamais totalement fondu dans le moule de la capitale. Après la cuisante défaite de la France dans la guerre Franco-Prussienne de 1871, plusieurs habitants de la Butte s’insurgèrent, et refusèrent de rendre les armes et le canon d’une caserne locale. C’est ainsi que débuta la Commune de Paris. Et même avant ces événements tragiques, Montmartre témoignait de sa forte singularité. Située en dehors des murs de la ville, la commune n’était pas soumise à l’imposition sur les vins et les alcools. Cette disposition fiscale favorisa grandement l’arrivée de cabarets et de cafés-concerts, dont les fameux Moulin de la Galette, Au Lapin Agile, le Mirliton-le Chat Noir, et bien sûr, le Moulin Rouge. Bientôt, attirés par le faible coût de la vie locale autant que par un style de vie peu conventionnel, des artistes de tout bord commencèrent à s’installer sur la Butte. Depuis, beaucoup d’artistes de cette époque sont définitivement entrés dans l’histoire de l’art moderne. Van Gogh, Renoir, Picasso, Toulouse-Lautrec, Valadon, Utrillo, et Modigliani sont quelques-uns de ces esprits créatifs qui vécurent et travaillèrent ici de la fin du XIXème au début du XXème siècle. Certains y perdirent la tête, au sens figuré cette fois, s’abreuvant autant des magnifiques paysages alentour que des verres d’absinthe qui coulait à flots dans les nombreux cafés de la butte. | | Avec un tel passé, Montmartre a forcément beaucoup à offrir à ses visiteurs. Une visite de la Butte commence généralement par la basilique du Sacré-Coeur, située au sommet. Si le style romano-byzantin de cet édifice lui donne un air assez ancien et exotique, ne vous y trompez pas pour autant : sa construction débuta en 1875, et ne fut terminée d’ailleurs qu’après la première guerre mondiale. Construite pour faire pénitence des mauvaises actions passées, dont la tristement célèbre Commune de Paris, cet épisode particulièrement sanglant dans l’histoire de la capitale, l’église résume à elle seule l’état d’esprit qui régnait à la Belle-Époque : un brin de décadence (l’immense clocher de la basilique, une décoration somptueuse voire somptuaire, faite de pierre et de marbre éclatants, la riche mosaïque culminant au-dessus de l’abside), de l’innovation (les trous de la colline de Montmartre firent l’objet de nouvelles techniques pour renforcer les sous-sols), et bien sûr, un esprit artistique très marqué. La Basilique est visible de n’importe quel endroit de Paris, grâce à cette pierre blanche si caractéristique qui accroche si bien les rayons du soleil et l’éclat de la lune. | | Le Sacré Coeur justifierait à lui seul une visite à Montmartre. Mais la Butte offre bien d’autres découvertes encore. La Place du Tertre toute proche, une des destinations favorites des touristes, en est un bel exemple : elle est l’endroit rêvé de nombreux artistes et caricaturistes qui proposent aux nombreux badauds leurs toiles et leurs services. A deux pas de la place, se trouve l’Espace Salvador Dalí, un musée-galerie dédié à l’artiste surréaliste. Le long des rues pavées, on découvre avec surprise des maisons de village d’une grande variété architecturale. Le Musée de Montmartre, qui présente des oeuvres et documents d’archives sur Montmartre, se trouve dans l’une des plus anciennes maisons du quartier. A l’origine, propriété d’un comédien de la troupe de Molière, la résidence devint plus tard le lieu d’habitation de nombreux artistes. C’est ici par exemple, que Renoir peint son fameux tableau Le bal au Moulin de la Galette. Poursuivez votre promenade vers le nord, et profitez d’une vue imprenable sur le petit vignoble montmartrois, unique témoignage de l’omniprésence des vignes sur la Butte Montmartre, du temps des Romains. Plus bas, se trouve le Lapin Agile, cabaret réputé, dans lequel, au début du siècle dernier, se produisaient les artistes locaux. En face, se trouve le Cimetière Saint-Vincent, dans lequel reposent quelques célébrités comme Steinlen, Marcel Aymé, Utrillo et Valadon (plus bas, sur le boulevard de Clichy, le Cimetière de Montmartre présente également quelques célébrités). | | Au sud de la Butte, vous trouverez le fameux Bateau-Lavoir, ancienne tannerie désaffectée, et reconvertie dans les années 1900 en studios d’artistes. Picasso, Juan Gris, et quelques autres encore menaient ici une vie de bohême, partageant leurs inspirations autant que l’unique cabinet de toilettes ! C’est ici également qu’en 1907 Picasso réalisa une peinture magistrale, Les Demoiselles d’Avignon, tableau considéré aujourd’hui comme la première peinture du mouvement cubiste. Picasso et Juan Gris poursuivèrent dans cette nouvelle voie artistique qui constituait un tournant majeur pour l’art moderne. Plus bas, au numéro 54 de la longue et sinueuse rue Lepic, se trouve l’appartement dans lequel Vincent Van Gogh vécut avec son frère Theo, à la fin des années 1880. Descendez le long de la rue des Abbesses jusqu’à la place du même nom. A cet endroit, se trouve la station de métro Abbesses, dont l’entrée exhibe fièrement l’une des deux dernières marquises d’origine, dessinées par Hector Guimard. En face, on ne peut manquer l’église Saint Jean de Montmartre, imposante structure en brique de style Art Nouveau. Les cafés, restaurants et boutiques abondent dans les rues avoisinantes, à proximité des boulevards de Clichy et de Rochechouart. On trouve ici toutes sortes de boutiques, des commerces de proximité aux boutiques de souvenirs, et même des boutiques de mode, où sont exposées les dernières créations de jeunes stylistes. Le Studio 28, cinéma d’art et d’essai de la rue Tholozé, a depuis longtemps perdu sa réputation sulfureuse des années 1930, lorsqu’y fut projeté L’Âge d’Or, film très controversé de Luis Buñuel, et critique violente et choquante pour l’époque, des idéaux de la bourgeoisie : la famille, la patrie et la religion. Le visiteur peut observer en haut de cette rue l’un des rares moulins à vent de la Butte, le Moulin de la Galette. Après tant de découvertes dans les rues de Montmartre, pourquoi ne pas souffler un peu, et vous offrir une pause au Café des Deux Moulins pour y déguster une crème brûlée ? Tiens donc, ce café vous dit quelque chose ? Pas étonnant, car c’est dans cet établissement que fut tournée en 2001 Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, le film de Jean-Pierre Jeunet au succès phénoménal ! A Montmartre, l’art, l’histoire et la fantaisie sont omniprésent, même à la terrasse d’un café ! | Rédaction Chicline Informations pratiques A proximité Consulter > Annuaire de Paris > Visite de Paris > Informations > Histoire de Paris |
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